Macron et Darmanin : la porte ouverte a l’extrême droite ?

Depuis plusieurs années, la stratégie politique d’Emmanuel Macron et de son ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, interroge quant à leur positionnement face à l’extrême droite. En février 2026, après la mort du jeune militant d’extrême droite Quentin Deranque à Lyon, Emmanuel Macron a appelé à « faire le ménage » dans les rangs des mouvements violents, qu’ils soient d’extrême gauche ou d’extrême droite, rappelant qu’« il n’y a pas de place pour les mouvements qui légitiment la violence » en République. Pourtant, les observateurs soulignent une porosité croissante entre la majorité présidentielle et les thématiques portées par l’extrême droite, notamment sur les questions d’immigration, de sécurité et d’identité nationale.

Gérald Darmanin, figure clé du gouvernement, a plusieurs fois été pointé du doigt pour ses prises de position et ses mesures perçues comme un alignement sur les idées du Rassemblement National. En juin 2024, il a proposé la dissolution du GUD, un groupuscule étudiant d’extrême droite, tout en durcissant le projet de loi sur l’immigration pour séduire la droite et l’extrême droite parlementaire. Cette stratégie de « triangulation », consistant à reprendre des idées adverses pour affaiblir l’opposition, est devenue une marque de fabrique du macronisme. Certains analystes estiment que le président participe ainsi à normaliser des thèmes traditionnellement associés à l’extrême droite, comme la restriction des droits des migrants ou le renforcement des pouvoirs policiers.

Les critiques fusent : pour certains, cette approche ne fait qu’alimenter la montée des extrêmes, en légitimant des discours sécuritaires et identitaires. D’autres y voient une tentative désespérée de reconquérir un électorat de plus en plus tenté par le vote RN. Une chose est sûre : en jouant sur ce terrain, Macron et Darmanin prennent le risque de brouiller les lignes entre droite républicaine et extrême droite, ouvrant la porte à une recomposition politique dont les conséquences pourraient être durables pour la démocratie française.

La question reste entière : cette stratégie permettra-t-elle de contenir la progression de l’extrême droite, ou contribuera-t-elle, au contraire, à son ancrage dans le paysage politique ?

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