pourquoi autant de nazis ont fui en Argentine ?

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, des milliers de nazis et collaborateurs ont fui l’Europe pour échapper à la justice. Parmi les destinations privilégiées, l’Argentine s’est imposée comme un refuge majeur. Plusieurs raisons expliquent ce choix. D’abord, le régime de Juan Perón, au pouvoir à partir de 1946, a accueilli ces fugitifs, souvent avec la complicité d’organisations locales et internationales. Perón, admirateur de certains aspects des régimes autoritaires européens, a facilité leur intégration en leur offrant de faux papiers et des emplois, parfois sous de fausses identités.

Ensuite, l’Argentine, pays neutre pendant une grande partie du conflit, disposait de réseaux d’immigration peu contrôlés. Des organisations comme la Croix-Rouge internationale ou des filières clandestines, telles que la célèbre « route des rats », ont permis à des criminels de guerre comme Adolf Eichmann ou Josef Mengele de s’y installer discrètement. Ces réseaux étaient souvent soutenus par des sympathisants nazis ou des anciens membres du parti en exil.

Enfin, la distance géographique et la stabilité politique relative de l’Argentine en ont fait un havre sûr. Les services secrets argentins et certains cercles d’influence ont même activement aidé ces fugitifs, par idéologie ou par intérêt économique.

Ce phénomène a marqué l’histoire du pays et a alimenté de nombreuses théories sur la présence nazie en Amérique latine. Aujourd’hui, des archives et des témoignages continuent de révéler l’ampleur de cette fuite, soulignant les complicités internationales qui ont permis à des criminels de guerre de vivre impunément pendant des décennies.

Laisser un commentaire