Renard enflammé, service militaire et police du voile

En France, la laïcité est un feu qui couve. Un feu que certains aiment attiser, comme un renard rusé qui, sous couvert de protéger la forêt, finit par y mettre le feu. Entre le retour du service militaire et les débats récurrents sur la police du voile, on se demande : qui, vraiment, protège qui ?

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Le service militaire : un retour en arrière déguisé en progrès ?

Le service national universel (SNU), c’est un peu comme un vieux costume de l’armée qu’on aurait ressorti du placard en espérant qu’il fasse moderne. On nous vend ça comme un outil d’intégration, de mixité sociale, de « vivre ensemble ». Mais à l’ère des réseaux sociaux et des engagements associatifs, est-ce vraiment la solution ? Ou juste une façon de rappeler à la jeunesse que l’État sait encore mobiliser les corps, si ce n’est les esprits ?

Pire : dans un pays où les inégalités explosent, où les jeunes des quartiers populaires se sentent déjà souvent en guerre contre les institutions, leur imposer une uniformité militaire sonne comme une provocation. Comme si, au lieu de leur tendre la main, on leur tendait un fusil en leur disant : « Intégrez-vous, ou taisez-vous. »

La police du voile : laïcité ou obsession ?

Et puis il y a le voile. Toujours le voile. Comme si, dans une société qui se veut émancipée, le vrai problème des femmes voilées, c’était… leur voile. Pas les discriminations qu’elles subissent, pas le regard que la société porte sur elles, non : le bout de tissu.

On nous explique que la laïcité, c’est la neutralité de l’État. Soit. Mais quand cette neutralité devient une chasse aux signes religieux dans l’espace public, on bascule dans l’absurde. Une prof voilée ? Danger. Une mère voilée à la sortie de l’école ? Scandale. Une femme voilée dans la rue ? « Mais enfin, libérez-vous ! » comme si la liberté se mesurait en centimètres carrés de tissu en moins.

Le paradoxe ? Ces mêmes défenseurs acharnés de la laïcité ferment les yeux sur les croix géantes qui ornent les mairies, les crèches dans les bâtiments publics, ou les subventions aux églises. La neutralité, visiblement, a des préférences.

Le renard et les poules

Alors, qui est le renard dans cette histoire ? Celui qui allume le feu en criant « Au secours, ça brûle ! » ? L’État, peut-être, qui joue les pompiers pyromanes : il attise les tensions identitaires, puis s’étonne que la société prenne feu.

Le service militaire et la police du voile ne sont que des symptômes d’un même mal : une République qui a peur. Peur de sa jeunesse, peur de sa diversité, peur de ne plus savoir ce que signifie « vivre ensemble ». Alors elle serrerait les vis, elle contrôlerait les corps, elle légiférerait sur les tenues… comme si la cohésion sociale se décrétait par la loi.

Mais la France n’a jamais été une. Elle a toujours été multiple, contradictoire, bruyante. Et c’est justement ce qui la rend vivante. Alors, au lieu de jouer les pyromanes, et si on apprenait enfin à danser avec le feu ?

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