Il y a des humoristes qui explosent sur scène avec un énergie folle, des effets pyrotechniques et des blagues qui claquent comme des coups de tonnerre. Et puis, il y a Olivier de Benoist. Lui, il commence tranquillement. Avec un calme olympien, un sourire en coin et une nonchalance qui désarme, il nous rappelle que l’humour, parfois, n’a pas besoin de crier pour faire mouche.
L’art de la lenteur comique
Olivier de Benoist, c’est un peu le maître zen de l’autodérision. Imaginez : un mec qui parle de sa vie, de ses échecs, de ses doutes, avec une lenteur calculée, comme s’il avait tout son temps… et comme si nous aussi, on l’avait. Ses spectacles, comme « Il commence tranquillement » ou « Le Best-of », sont des leçons de patience. Pas de précipitation, pas de stress, juste un type qui vous raconte sa vie avec un détachement qui force l’admiration.
Et pourtant, derrière cette apparente paresse se cache une précision chirurgicale. Chaque silence, chaque hésitation, chaque regard caméra est pesé, mesuré, optimisé pour l’effet comique. Parce que oui, chez de Benoist, le rire naît souvent… du vide. Ou plutôt, de l’art de ne rien faire. Un sourcil qui se soulève, un soupir qui traîne, une phrase qui s’étire comme un chewing-gum : tout devient prétexte à rire.
Le best-of : une compilation de génialité discrète
Dans « Le Best-of », Olivier de Benoist nous propose une rétrospective de ses meilleurs moments – ou plutôt, de ses moments les plus lents. Parce que chez lui, le « meilleur », c’est souvent ce qui semble le plus anodin. Une réflexion sur la paternité ? Il la transforme en monologue existentiel, entre deux gorgées de café imaginaire. Une anecdote sur un rendez-vous chez le médecin ? Elle devient une épopée bureaucratique, où le vrai héros, c’est… l’attente.
Ce qui frappe, c’est sa capacité à trouver l’absurde dans le quotidien. Un coup de fil à sa mère ? Une négociation diplomatique. Un trajet en métro ? Une odyssée homérique. Et nous, on adore. Parce qu’on se reconnaît. Parce que, finalement, on est tous un peu Olivier de Benoist : des gens qui essaient de garder leur calme dans un monde qui, lui, semble avoir oublié comment faire.
Pourquoi on l’aime ?
Parce qu’il nous dédramatise la vie. Dans un monde où tout va trop vite, où tout est trop sérieux, de Benoist nous offre une pause. Une respiration. Un moment où l’on peut rire de rien, et surtout, de nous-mêmes.
Alors oui, il commence tranquillement. Mais une fois qu’il a commencé, on ne veut plus qu’il s’arrête.