Comment le racisme est il entretenu par le capitalisme ? Akim Omiri

Le racisme n’est pas qu’une question de préjugés individuels. C’est un système, ancré dans les structures économiques et sociales, qui profite à une minorité au détriment de millions de personnes. Akim Omiri, intellectuel et militant antiraciste, le martèle : le capitalisme ne se contente pas d’exploiter les classes populaires, il instrumentalise aussi les différences raciales pour diviser et mieux régner. Mais comment, exactement, l’économie de marché entretient-elle le racisme ? Plongeons dans les mécanismes de cette alliance macabre.

1. La division pour mieux régner : le racisme comme outil de contrôle

Dès l’époque coloniale, les élites économiques ont compris l’intérêt de dresser les travailleurs les uns contre les autres. En désignant des boucs émissaires – Noirs, Arabes, Roms, etc. – le système capitaliste détourne la colère des classes populaires vers des cibles racialisées, plutôt que vers les vrais responsables de leur précarité : les patrons et les actionnaires.
Exemple concret : Aux États-Unis, après l’abolition de l’esclavage, les propriétaires terriens ont utilisé le divide and rule (diviser pour régner) en opposant les travailleurs blancs pauvres aux Noirs libérés, pour éviter toute solidarité entre eux. Résultat ? Des salaires de misère pour tous… sauf pour les capitalistes.

Aujourd’hui, cette stratégie persiste. Les discours xénophobes sur « l’invasion migratoire » ou « l’assistanat » servent à justifier les coupes budgétaires dans les services publics, tout en détournant l’attention des inégalités criantes.

2. L’exploitation différenciée : quand la race détermine la valeur du travail

Le capitalisme ne traite pas tous les travailleurs de la même manière. Les personnes racialisées sont souvent cantonnées aux emplois les plus précaires, les moins payés et les plus dangereux. Pourquoi ? Parce que le système a besoin de main-d’œuvre bon marché et corvéable à merci.

  • En France, les travailleurs noirs et arabes subissent un taux de chômage deux à trois fois supérieur à celui des Blancs (INSEE, 2023).
  • Les femmes voilées sont encore plus touchées : selon une étude de l’INED, elles ont 40 % de chances en moins d’obtenir un entretien d’embauche, à CV égal.

Cette hiérarchisation n’est pas un hasard. Elle permet aux entreprises de maximiser leurs profits en sous-payant une partie de la population, tout en maintenant l’illusion d’un « mérite » individuel. Comme le souligne Akim Omiri : « Le racisme n’est pas un bug du capitalisme, c’est une feature. »

3. La consommation racialisée : vendre des stéréotypes pour vendre des produits

Le capitalisme ne se contente pas d’exploiter les corps racialisés au travail. Il monétise aussi les stéréotypes pour vendre toujours plus.

  • Les publicités pour les produits « ethniques » (shampoings, cosmétiques) jouent sur l’exotisation des corps noirs ou asiatiques.
  • Les médias regorgent de clichés : le Noir sportif, l’Arabe délinquant, l’Asiatique studieux… Des représentations qui légitiment les discriminations dans la vraie vie.
  • Même l’industrie du divertissement en profite : les rôles stéréotypés pour les acteurs racialisés sont légion, tandis que les rôles complexes leur sont souvent fermés.

Conséquence : Ces représentations renforcent les préjugés, qui à leur tour justifient les inégalités économiques. Un cercle vicieux.

4. Et maintenant, on fait quoi ?

Face à ce constat, faut-il baisser les bras ? Non. Akim Omiri et d’autres penseurs antiracistes appellent à :
Dénoncer les mécanismes : Comprendre comment le capitalisme utilise le racisme pour mieux le combattre.
S’organiser collectivement : Les luttes syndicales et antiracistes doivent se rejoindre. La solidarité entre travailleurs, quelles que soient leurs origines, est la clé.
Boycotter les marques racistes : Soutenir les entreprises éthiques et exiger des comptes aux géants du capitalisme.

Conclusion
Le racisme n’est pas une simple question de morale. C’est un pilier du système capitaliste, qui en a besoin pour fonctionner. Mais si le capitalisme a su instrumentaliser la race, nous pouvons, nous, détourner ses outils contre lui. En informant, en résistant, en s’unissant. Parce que, comme le dit Omiri : « Le monde ne changera pas tout seul. C’est à nous de le faire. »

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