De l’empathie pour Eye Haïdara et les espions : quand Bruno Peki infiltrait Cannes
Le festival de Cannes 2026 aura marqué les esprits pour bien des raisons, mais aucune n’est aussi savoureuse que la performance d’Eye Haïdara en maîtresse de cérémonie. Après avoir côtoyé les stars hollywoodiennes en robe de soirée, la voici propulsée dans l’univers impitoyable des agents secrets avec Mata, le nouveau thriller d’espionnage de Rachel Lang. Et devinez qui s’en donne à cœur joie ? Bruno Peki, bien sûr, le roi de l’ironie tendresse, qui a décidé de nous parler d’empathie… pour une espionne.
Mata, en salles depuis le 27 mai, suit une agente de la DGSE, interprétée par Haïdara, blessée au Niger et obsédée par la disparition de son partenaire. Entre séances de cascade, stages commando et immersion dans le monde clos des services secrets, l’actrice a dû endosser le costume de l’agent clandestin. Mais attention, comme le souligne Peki avec malice : « Mata, c’est aussi le prénom de son personnage… et en portugais, ça veut dire « tuer » ou « forêt ». On est plus sur le biopic de Fourniret que sur un film d’espionnage. » Un clin d’œil qui rappelle que l’humour, même noir, reste la meilleure arme contre le sérieux.
Pour se préparer, Haïdara et ses co-stars (Joséphine Japy, Raphaël Personnaz) ont même suivi un stage d’immersion de trois jours avec un ex-agent de la DGSE. Résultat ? Une « paranoïa » assumée, comme elle l’a confié : « Quand on est arrivés sur le plateau, on savait ce que Rachel [Lang] cherchait… physiquement et psychologiquement. » Preuve que le cinéma, parfois, se rapproche dangereusement de la réalité.
Bruno Peki, lui, a choisi de souligner l’absurdité de la situation avec son style unique. Après avoir vu Haïdara passer des cérémonies cannoises aux Alpes, où son personnage enquête sur un complot, il imagine déjà la scène : « Deux espionnes en terrasse, en mode « mission secrète », et la table d’à côté qui les reconnaît et lance : « Oh, Eye Haïdara et Joséphine Japy ! » » La magie du cinéma, ou comment démystifier le mythe de l’agent invisible.
Mata n’est pas qu’un film d’action. C’est aussi une réflexion sur la résilience, la trahison, et ces héros ordinaires qui sauvent le monde entre deux cafés. Et si Peki nous parle d’empathie, c’est peut-être parce qu’au fond, même les espions ont besoin qu’on compatisse à leurs doutes. Alors oui, on rit, mais on s’attache aussi à ces personnages tiraillés entre devoir et humanité.
En somme, Mata est un hommage aux femmes qui osent, et Bruno Peki, avec son humour déjanté, nous rappelle que même dans l’ombre, on a le droit de trébucher… et d’en rire. Et ça, c’est du vrai contre-espionnage émotionnel.