Dena : Le sourire du collègue

Il y a des sourires qui changent une journée. Celui de Dena, par exemple. Un simple sourire, en coin, lancé entre deux dossiers urgents et trois cafés tièdes, et voilà : le bureau devient soudainement moins gris.

Dena, c’est cette collègue qui semble toujours savoir où se trouve la dernière boîte de trombones, qui retient les dates de naissance de tout le monde (même celle de Jean-Michel de la compta, qui ne parle à personne), et qui, surtout, a ce sourire. Pas un sourire poli, non. Un sourire complice, comme si elle partageait avec vous un secret hilarant sur la réunion interminable qui vient de s’achever.

Ce matin-là, c’était pire que d’habitude. Le photocopieur avait encore avalé les rapports trimestriels, le chef avait annoncé une « petite réunion improvisée » (traduction : deux heures de PowerPoint inutiles), et la machine à café avait décidé de ne plus faire que du déca. Bref, l’enfer en open space. Puis Dena est passée devant mon bureau, un dossier sous le bras, et pouf : son sourire. Pas un mot, juste ce petit rictus qui disait : « Je sais, c’est absurde, mais on va s’en sortir. »

Et d’un coup, tout était moins lourd. Parce que Dena, c’est ça : une bouffée d’oxygène dans un monde de mails en copie cachée et de deadlines irréalistes. Elle a ce talent rare de transformer l’ordinaire en quelque chose de presque amusant. Un post-it rigolo sur votre écran, une blague murmurée pendant que le chef a le dos tourné… Avec elle, même la pause café prend des allures de stand-up.

Bien sûr, il y a les jours sans. Les jours où même Dena a l’air fatiguée, où son sourire est un peu moins lumineux. Mais c’est justement ça qui la rend humaine. Parce qu’elle aussi, parfois, en a marre des tableaux Excel et des « à finaliser pour hier ». Pourtant, elle tient bon, et son sourire revient, timide mais tenace, comme pour rappeler à tout le monde que le bureau, finalement, ce n’est pas qu’un endroit où l’on compte ses heures.

Alors oui, Dena, si tu me lis : merci. Merci pour ce sourire qui, sans le savoir, a sauvé plus d’une de mes journées. Et si un jour tu passes devant mon bureau sans me faire ton petit signe, je saurai que quelque chose ne va pas. Parce que dans ce bureau, ton sourire, c’est un peu notre talisman.

Et puis, avouons-le : sans toi, qui nous rappellerait que même les réunions les plus ennuyeuses peuvent cacher un côté absurde… à condition de savoir rire ?

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