Sorti en 1973, « Le Concierge » est une comédie française réalisée par Jean Girault, célèbre pour ses collaborations avec Louis de Funès. Ce film, moins connu que les « Gendarme de Saint-Tropez », reste un exemple savoureux de la comédie à la française des années 1970, portée par un casting exceptionnel : Bernard Le Coq, Michel Galabru, Daniel Ceccaldi, Jean Carmet, Alice Sapritch, et bien d’autres.
Un synopsis malicieux et une satire sociale
L’histoire suit Christophe Mérignac, interprété par Bernard Le Coq, jeune diplômé de l’ESCP et titulaire d’une licence de droit, mais toujours au chômage. Grâce à une rencontre fortuite avec une call-girl, il obtient un poste de concierge dans un immeuble de luxe. Utilisant son charme et sa ruse, il se rend rapidement indispensable auprès des locataires, tout en manipulant les situations à son avantage. Peu à peu, il s’enrichit en magouillant, en achetant et revendant des biens, et en dressant les habitants les uns contre les autres. Le film se clôt sur une note douce-amère : Christophe a « réussi » socialement, mais il n’aime personne et se retrouve remplacé par un nouveau concierge, tout aussi ambitieux que lui.
Une distribution de rêve
Le film rassemble une pléiade d’acteurs emblématiques de la comédie française. Michel Galabru incarne Robert Foraz, un locataire naïf et riche, tandis que Daniel Ceccaldi joue Paul Raymond, un député véreux. Jean Carmet, Alice Sapritch, Maureen Kerwin, et même un jeune Francis Perrin dans un petit rôle, complètent ce casting de choix. Chaque acteur apporte sa touche, créant une alchimie comique qui fait le charme du film.
Un miroir de son époque
« Le Concierge » est un baromètre de son temps. Le scénario, signé Jacques Vilfrid, surfe sur les poncifs de la société française des années 1970, juste avant le premier choc pétrolier. Le film aborde avec ironie les thèmes de l’ambition, de la réussite sociale, et de la manipulation, le tout enveloppé dans une ambiance bon enfant et décontractée. La critique de la musique contemporaine et des mœurs bourgeoises ajoute une touche de satire, typique du cinéma de Girault.
Une comédie inégale mais attachante
Si le film est parfois critiqué pour son scénario un peu plat et son rythme inégal, il séduit par son ton insolent et la qualité de ses dialogues. Bernard Le Coq, dans son premier rôle principal, impressionne par son aisance et son cynisme bon enfant. La première partie, plus dynamique, captive davantage que la fin, où les intrigues deviennent un peu confuses. Pourtant, l’ensemble reste très agréable, porté par l’énergie des acteurs et la patte de Jean Girault.
Pourquoi (re)découvrir « Le Concierge » aujourd’hui ?
Ce film est un témoignage précieux du cinéma populaire français des années 1970. Il offre un regard amusé et désabusé sur la quête de réussite sociale, toujours d’actualité. De plus, il permet de redécouvrir des acteurs mythiques dans des rôles savoureux, et de mesurer l’influence de Jean Girault, réalisateur prolifique et populaire, même s’il n’a jamais été considéré comme un « artiste » au sens noble du terme.
En résumé, « Le Concierge » est une comédie à voir pour son casting, son humour et son portrait d’une époque. Un film qui, malgré ses défauts, ne manque pas de panache et de charme.
Et vous, avez-vous déjà vu « Le Concierge » ? Quel est votre acteur préféré dans ce film ?