Netanyahu : héritier du fascisme messie de l’extrême droite en Israël
Benjamin Netanyahu, souvent surnommé « Bibi », est sans conteste l’une des figures politiques les plus polarisantes de l’histoire d’Israël. Son retour à la tête du gouvernement en 2022, après une série d’élections serrées, a marqué un tournant dans la vie politique israélienne. Le sixième gouvernement Netanyahu, formé en décembre 2022, est largement considéré comme le plus à droite de l’histoire du pays, intégrant des partis d’extrême droite et ultraorthodoxes, tels que le Parti sioniste religieux, Force juive (Otzma Yehudit) et Noam. Cette coalition, qui a suscité de vives critiques tant en Israël qu’à l’étranger, a renforcé l’image de Netanyahu comme héritier d’une ligne politique radicale, voire extrémiste, et comme messie d’une droite israélienne de plus en plus intransigeante.
Un gouvernement d’extrême droite sans précédent
Le gouvernement Netanyahu VI est le fruit d’une alliance entre le Likoud, son parti, et des formations d’extrême droite comme Force juive, dirigée par Itamar Ben Gvir, et le Parti sioniste religieux, mené par Bezalel Smotrich. Ces deux figures, connues pour leurs positions radicales, occupent des postes clés : Ben Gvir à la Sécurité nationale et Smotrich aux Finances et à la gestion des colonies en Cisjordanie. Leur présence au sein du cabinet a alarmé une partie de la société israélienne et la communauté internationale, qui voient dans leurs discours et leurs actions une menace pour la démocratie et les droits des Palestiniens. La nomination de Ben Gvir, en particulier, a été perçue comme une légitimation de l’idéologie kahaniste, un mouvement classé comme terroriste par les États-Unis et l’Union européenne dans les années 1990.
Les critiques ne se limitent pas aux frontières israéliennes. L’ambassadrice d’Israël en France, Yaël German, a démissionné en décembre 2022, dénonçant un gouvernement dont la politique est « contraire à sa conscience, à sa vision du monde et aux principes de la déclaration d’indépendance de l’État d’Israël ». Cette démission symbolise le malaise profond qui traverse une partie de l’establishment israélien, y compris parmi les anciens alliés de Netanyahu.
Une politique de radicalisation et de polarisation
Depuis son retour au pouvoir, Netanyahu a multiplié les concessions à ses partenaires d’extrême droite, notamment pour assurer sa survie politique et, selon certains analystes, pour obtenir une immunité judiciaire face à ses propres démêlés avec la justice. Les réformes judiciaires proposées par son gouvernement, visant à réduire le pouvoir de la Cour suprême, ont provoqué des manifestations massives en Israël, révélant une société profondément divisée. Ces réformes sont perçues comme une tentative de politiser la justice et de protéger Netanyahu des poursuites pour corruption.
Sur le plan international, la politique de Netanyahu a également suscité des inquiétudes. Le gouvernement est accusé de favoriser l’expansion des colonies en Cisjordanie, de durcir la répression contre les Palestiniens et de menacer le statut quo sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem, un lieu saint pour les musulmans et les juifs. Ces actions ont exacerbé les tensions avec les Palestiniens et attisé les craintes d’une nouvelle escalade violente.
Un héritage controversé
Netanyahu, qui cumule les mandats de Premier ministre depuis les années 1990, a su se présenter comme le garant de la sécurité d’Israël face à des menaces extérieures, notamment l’Iran et le Hamas. Pourtant, son alliance avec l’extrême droite et ses choix politiques récents ont terni cette image. Pour ses détracteurs, il incarne désormais une dérive autoritaire et nationaliste, éloignée des valeurs fondatrices de l’État juif. Certains n’hésitent pas à le qualifier d’héritier d’un fascisme moderne, en raison de son mépris affiché pour les institutions démocratiques et de son alliance avec des forces politiques ouvertement racistes.
Conclusion : un leader en surplomb, mais contesté
Netanyahu reste une figure dominante de la scène politique israélienne, capable de mobiliser une base électorale fidèle. Cependant, son héritage est de plus en plus associé à la radicalisation de la droite israélienne et à l’affaiblissement des institutions démocratiques. Alors qu’il continue de jouer un rôle central dans la vie politique du pays, son bilan soulève des questions fondamentales sur l’avenir d’Israël : celui d’une démocratie pluraliste ou d’un État de plus en plus marqué par l’extrémisme et l’exclusion.
Son parcours illustre les tensions qui traversent la société israélienne, entre sécurité et démocratie, entre nationalisme et respect des droits humains. À l’heure où Israël fait face à des défis majeurs, tant sur le plan intérieur qu’extérieur, le leadership de Netanyahu reste un sujet de débat passionné, entre ceux qui voient en lui un sauveur et ceux qui y voient un danger pour l’avenir du pays.
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