abattre Mélenchon et LFI : promouvoir le RN

Depuis des années, Jean-Luc Mélenchon et La France Insoumise (LFI) incarnent une gauche radicale qui divise autant qu’elle mobilise. Leur stratégie, souvent perçue comme agressive et intransigeante, semble avoir un effet pervers : affaiblir la gauche et offrir un boulevard au Rassemblement National (RN). Entre refus d’alliances, discours clivants et postures maximalistes, LFI s’isole et discrédite l’ensemble de la gauche, au grand bonheur de l’extrême droite.

Plutôt que de chercher à fédérer, Mélenchon préfère les anathèmes et les confrontations stériles. Son refus catégorique de toute alliance avec le Parti Socialiste ou Europe Écologie-Les Verts, même face à la menace du RN, a déjà coûté cher lors des dernières élections. Les électeurs, lassés par ces querelles de chapelles, se tournent vers des alternatives plus pragmatiques… ou plus extrêmes. Le RN, lui, en profite pour se présenter en parti « raisonnable », capable de rassembler au-delà de ses bases traditionnelles.

LFI, en voulant incarner la pureté idéologique, oublie une règle élémentaire de la politique : gouverner, c’est d’abord additionner les forces. En diabolisant systématiquement ses partenaires potentiels, Mélenchon joue objectivement le jeu de Marine Le Pen. Chaque crise interne, chaque sortie tonitruante, chaque refus de compromis renforce l’idée que la gauche est incapable de gouverner. Résultat : le RN progresse dans les sondages, tandis que LFI stagne, prisonnière de son dogmatisme.

La question n’est plus de savoir si Mélenchon est un tribun talentueux, mais s’il est un stratège efficace. À force de vouloir abattre ses adversaires plutôt que de construire des majorités, il participe, malgré lui, à l’ascension de l’extrême droite. La gauche a-t-elle encore les moyens de se réveiller avant qu’il ne soit trop tard ?

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