# Troupes en Arabie saoudite : le Parlement doit voter ! URL: https://www.mesdelires.com/troupes-en-arabie-saoudite-le-parlement-doit-voter/ Date: 2026-09-26 Last modified: 2026-09-26 Author: mesdelires --- C’est l’annonce qui a fait sursauter la classe politique entière. Jeudi 24 septembre 2026, en plein journal de 20 heures sur TF1 et France 2, Emmanuel Macron a lâché la nouvelle : la France va envoyer des « moyens militaires — des soldats, des radars, des systèmes de défense » pour protéger le site de Yanbu, le principal terminal saoudien d’exportation de pétrole brut, sur la mer Rouge. Objectif affiché : sécuriser un point stratégique visé par les Houthis du Yémen, ces rebelles pro-iraniens qui frappent régulièrement le royaume et font trembler les cours du baril. Et accessoirement, tenter de calmer une crise des carburants qui fait grimper le gazole vers des sommets. Sauf que voilà : la décision a été prise par une seule personne, dans un entretien télévisé, sans que l’Assemblée nationale ne soit consultée. Et ça, une partie de la classe politique ne le digère pas. À commencer par Jean-Luc Mélenchon, qui a aussitôt réclamé un vote du Parlement sur X : « Des troupes en Arabie saoudite, c’est s’installer sur un théâtre de guerre. Si la base est frappée, que ferons-nous ? Pas question de devenir belligérant. Donc l’Assemblée doit voter sur le sujet. Article 35 de la Constitution. » Sur France Inter, Clémence Guetté, vice-présidente LFI de l’Assemblée nationale, a renchéri : « L’envoi de troupes françaises dans une zone de guerre peut très rapidement faire de nous des cobelligérants. » Le Rassemblement national, lui, juge l’opération « pas une bonne idée » et met en garde contre un engrenage guerrier. ## Ce que dit vraiment l’article 35 Petit tour dans les textes, s’il vous plaît. L’article 35 de la Constitution est clair comme de l’eau de roche… mais avec un piège. Le Gouvernement doit informer le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l’étranger « au plus tard trois jours après le début de l’intervention ». Sauf que cette information « peut donner lieu à un débat qui n’est suivi d’aucun vote ». Autrement dit : on vous explique, on vous écoute poliment, et on repart. Le vote ne devient obligatoire que si l’opération dépasse quatre mois. Quatre mois pendant lesquels des soldats français pourraient être sous le feu de drones et de missiles, sans que les députés n’aient eu leur mot à dire. Pour l’Élysée, pas de quoi fouetter un chat : protéger Yanbu, ce n’est pas participer aux frappes contre les Houthis. Les moyens français seraient cantonnés à la défense d’installations, pas à l’offensive. Une nuance qui, sur le terrain, peut se réduire comme une peau de chagrin dès le premier tir de riposte. ## Une question de démocratie, pas seulement de géopolitique Le fond du débat dépasse le seul Moyen-Orient. Envoyer des hommes et du matériel sur un théâtre où le Pakistan promet déjà de défendre Riyad « jusqu’au bout », où le baril flirte avec les 100 dollars et où le Conseil de sécurité de l’ONU s’alarme, c’est plonger dans une marmite bouillante. Peut-on le faire à l’initiative d’un seul homme, à un an de la présidentielle ? Le Parlement ne réclame pas forcément de renverser la table. Mais au minimum, un débat suivi d’un vote, histoire que la France s’engage les yeux ouverts, collectivement, démocratiquement. Trois jours pour informer, quatre mois avant le vote obligatoire : dans un conflit qui s’embrase semaine après semaine, c’est une éternité. L’Assemblée doit voter, et vite. Après tout, ce sont les Français — et peut-être leurs soldats — qui paieront l’addition. --- Source: https://www.mesdelires.com/troupes-en-arabie-saoudite-le-parlement-doit-voter/ Generated by Hack The SEO