ou est passé l’extrême gauche ?

L’extrême gauche, cette bête politique que certains croyaient éteinte, semble avoir adopté la stratégie du caméléon : invisible, mais pas forcément absente. Entre les meetings confidentiels, les tribunes sur les réseaux sociaux et les alliances improbables, on se demande parfois si elle n’a pas simplement troqué ses banderoles contre des algorithmes.

Dans les années 70, elle occupait les usines et les rues. Aujourd’hui, elle squatte peut-être les threads Twitter et les réunions Zoom. Certains l’accusent d’avoir été absorbée par la gauche « raisonnable », d’autres de s’être diluée dans des combats plus ciblés : écologie radicale, féminisme intersectionnel, ou anti-capitalisme 2.0. Mais attention, son absence médiatique ne signifie pas sa disparition. Comme un virus dormant, elle attend son heure, prête à resurgir dès que le système montre une faille.

Pourtant, force est de constater que les grands récits révolutionnaires ont laissé place à des micro-luttes. Fini le grand soir, bonjour les actions locales et les pétitions en ligne. Est-ce une défaite ou une mutation ? Peut-être un peu des deux. L’extrême gauche d’hier rêvait de renverser le capitalisme. Celle d’aujourd’hui tente de survivre dans un monde où même la révolte est devenue un produit marketing.

Alors, où est passée l’extrême gauche ? Peut-être est-elle en train de se réinventer, loin des projecteurs, dans les interstices d’un système qu’elle n’a jamais cessé de critiquer. Ou alors, elle a simplement compris une chose : dans un monde où tout est spectacle, la vraie subversion, c’est de refuser d’y participer.

Une chose est sûre : si elle a disparu des radars, c’est peut-être parce qu’elle a enfin compris que la vraie révolution ne se fait pas à coups de slogans, mais de patience et d’intelligence collective. À moins qu’elle ne soit juste en train de recharger ses batteries… en mode silencieux.

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