le RN valorise ses électeurs en leur disant qu’ils ne sont pas des assistés
Le Rassemblement National (RN) a souvent été accusé de stigmatiser certaines catégories de la population, notamment les bénéficiaires des aides sociales. Pourtant, ces derniers temps, le parti semble adopter une nouvelle rhétorique : celle de la valorisation de ses électeurs, en les présentant comme des travailleurs méprisés par les élites. En affirmant que ses électeurs « ne sont pas des assistés », le RN cherche à se positionner comme le défenseur d’une France laborieuse, oubliée par les partis traditionnels.
Cette stratégie s’inscrit dans une volonté de dédiabolisation et de normalisation du parti. En mettant en avant l’image d’un électorat actif, responsable et victime d’un système politique déconnecté, le RN tente de séduire une frange de la population qui se sent délaissée, notamment dans les zones rurales et périurbaines. Pour ces électeurs, souvent précaires ou issus de la classe moyenne, le message est clair : le RN les reconnaît comme des citoyens à part entière, contrairement à d’autres formations politiques qui les accuseraient de profiter indûment des aides sociales.
Cette approche permet au RN de renforcer son socle électoral, tout en attirant de nouveaux sympathisants, déçus par la gauche comme par la droite. En jouant sur le registre de la dignité et du mérite, le parti transforme le vote en sa faveur en un acte de résistance contre un système perçu comme injuste. Cependant, cette rhétorique n’est pas sans ambiguïté : elle peut aussi alimenter les divisions sociales, en opposant les « vrais travailleurs » aux « assistés », une distinction qui reste sujette à débat.
En somme, le RN utilise cette valorisation pour consolider son image de parti proche du peuple, tout en continuant à critiquer les politiques sociales existantes. Une stratégie qui, si elle séduit une partie de l’opinion, interroge sur les réelles intentions du parti en matière de justice sociale.
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