Jack Lang : la fin d’un intouchable ? (Guillaume Tabard)

Jack Lang, figure emblématique de la gauche culturelle française, incarne depuis des décennies une forme d’intouchabilité politique. Symbole des années Mitterrand, il a su traverser les époques en cultivant une aura unique, mêlant charisme, réseaux influents et une image de ministre incontournable. Nommé à la tête de l’Institut du monde arabe en 2013, il a longtemps bénéficié d’une protection quasi absolue, tant de la part de ses alliés que de ses adversaires, impressionnés par son héritage et son influence.

Pourtant, les récentes révélations concernant ses liens avec Jeffrey Epstein ont ébranlé cette image. Mis sous protection policière face aux menaces, Jack Lang voit aujourd’hui son statut remis en question. Comme le souligne Guillaume Tabard, éditorialiste au Figaro, cette séquence marque un tournant : l’homme qui semblait indéboulonnable, protégé par son aura et son rôle de « grand chambellan » de la culture, doit désormais affronter la réalité d’un système à bout de souffle. La droite, autrefois silencieuse par admiration ou jalousie, et la gauche, toujours solidaire, semblent désormais prêtes à le lâcher.

Sa démission tardive de la présidence de l’Institut du monde arabe, dans un contexte de crise, illustre cette chute. Longtemps perçu comme irremplaçable, Jack Lang doit faire face à une opinion publique moins indulgente et à des questions sur son passé. La fin d’une époque ? Peut-être. Ce qui est certain, c’est que l’intouchable d’hier devient aujourd’hui un homme comme les autres, confronté aux conséquences de ses actes et à la fin d’une indulgence collective.

Guillaume Tabard rappelle que cette intouchabilité était le fruit d’un système politique et médiatique complaisant. Désormais, l’histoire retient surtout les zones d’ombre d’un parcours qui a marqué la vie culturelle française, mais aussi ses ambiguïtés. La légende s’effrite, laissant place à un héritage plus contrasté que jamais.

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