Europe : comment les lobbies américains infiltrent le parlement ?

Depuis plusieurs années, l’influence des lobbies américains au sein des institutions européennes suscite des inquiétudes croissantes. Une enquête récente de l’association BLOOM révèle l’ampleur de cette ingérence, notamment à travers le cas emblématique de l’eurodéputé suédois Jörgen Warborn. Entre janvier et octobre 2025, ce dernier a rencontré à plus de dix reprises des représentants de lobbies américains, devenant un relais actif de leurs intérêts au Parlement. Son rôle dans le détricotage de la directive sur le devoir de vigilance des entreprises, adoptée en 2024, illustre une stratégie orchestrée : affaiblir les réglementations européennes en faveur des multinationales, notamment dans les secteurs de la tech et de la chimie. Ces rencontres, souvent organisées par des cabinets de lobbying comme Teneo, montrent comment des élus peuvent devenir des « chevaux de Troie » pour des intérêts étrangers, exploitant les failles du système.

Les géants américains, comme Amazon ou Meta, dépensent des centaines de millions d’euros chaque année pour influencer les décisions bruxelloises. Malgré l’existence d’un registre de transparence, les règles restent insuffisantes pour empêcher les conflits d’intérêts. La dépendance de l’Europe aux infrastructures numériques américaines (plus de 80 % des services) aggrave cette vulnérabilité, comme le souligne une résolution parlementaire de janvier 2026. Face à ces menaces, des voix appellent à renforcer les garde-fous et à ouvrir une commission d’enquête pour préserver la souveraineté démocratique européenne.

Ce phénomène interroge : comment concilier ouverture aux acteurs économiques et protection de l’intérêt général ? Alors que les tensions commerciales s’intensifient, l’Union européenne doit urgemment repenser son encadrement du lobbying pour éviter de devenir un terrain de jeu pour les puissances étrangères.

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