comment l’Iran et les États Unis sont devenus ennemis ?

Si les États-Unis et l’Iran étaient un couple, leur relation ressemblerait à une série Netflix : des débuts prometteurs, des trahisons spectaculaires, des coups bas, et une séparation si explosive qu’elle en devient légendaire. Mais au lieu de se disputer pour la vaisselle, ces deux-là se battent pour le contrôle du Moyen-Orient, le nucléaire et, bien sûr, le pétrole. Alors, comment en est-on arrivé là ? Accrochez-vous, on vous raconte l’histoire d’une romance géopolitique qui a mal tourné.

1. Les débuts idylliques : quand l’Iran et les USA flirtaient (années 1940-1950)

Imaginez : nous sommes en 1941, en pleine Seconde Guerre mondiale. L’Iran, alors dirigé par Reza Shah, est un pays stratégique pour les Alliés. Les États-Unis, encore en mode « sauveur du monde », débarquent avec des sourires et des promesses. Après la guerre, les Américains remplacent les Britanniques comme grands copains de l’Iran. Le shah Mohammad Reza Pahlavi, fils de Reza Shah, est même vu comme un allié moderne et pro-occidental. Les États-Unis l’aident à consolider son pouvoir, et en échange, l’Iran leur ouvre grand les portes de son pétrole.

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes… jusqu’à ce que l’Iran se mette à rêver d’indépendance.

En 1951, le Premier ministre iranien, Mohammad Mossadegh, nationalise l’industrie pétrolière, jusqu’alors contrôlée par les Britanniques. Les États-Unis, d’abord réticents, finissent par soutenir un coup d’État en 1953 (opération Ajax) pour renverser Mossadegh et remettre le shah sur son trône. Pourquoi ? Parce que le pétrole, c’est sacré, et que personne ne touche aux intérêts américains.

Résultat : l’Iran devient une dictature pro-américaine, et les Iraniens commencent à en vouloir aux États-Unis. Un peu comme si votre voisin vous avait aidé à virer votre colocataire chiant, mais qu’au final, c’était lui le vrai problème.

2. La révolution iranienne : le grand « je t’aime, moi non plus » (1979)

Fast-forward jusqu’en 1979. Le shah, de plus en plus impopulaire, se fait virer par une révolution menée par l’ayatollah Ruhollah Khomeini. Exit la monarchie, place à la République islamique. Et là, c’est le drame : les Américains, qui avaient misé sur le shah, se retrouvent avec un régime qui les déteste cordialement.

Le 4 novembre 1979, des étudiants iraniens prennent en otage 52 Américains à l’ambassade de Téhéran. 52 otages pendant 444 jours. Les États-Unis, humiliés, tentent un sauvetage raté (opération Eagle Claw) et finissent par négocier. Depuis, chaque 4 novembre, l’Iran célèbre la « Journée de la lutte contre l’arrogance mondiale ». Sympa, non ?

Pour les États-Unis, c’est un traumatisme. Pour l’Iran, c’est la preuve que les Américains sont des ennemis de l’islam. Bref, c’est le début d’une longue série de « tu m’as regardé de travers ».

3. La guerre Iran-Irak : quand les États-Unis jouent les pyromanes-pompiers (années 1980)

Dans les années 1980, l’Iran et l’Irak s’affrontent dans une guerre sanglante. Officiellement, les États-Unis sont neutres. Officieusement, ils soutiennent Saddam Hussein (oui, le même qu’ils renverseront plus tard) en lui fournissant des armes et des renseignements. Pourquoi ? Parce que l’Iran, c’est le grand méchant chiite, et l’Irak, c’est le méchant sunnite… mais un peu moins méchant, apparemment.

Les Iraniens ne pardonneront jamais ce soutien. Et quand, en 1988, un croiseur américain abat par erreur un avion de ligne iranien (vol Iran Air 655, 290 morts), la haine atteint un nouveau niveau. Les États-Unis s’excusent… mais paient des compensations sans reconnaître leur faute. Classique.

4. L’ère nucléaire : « Tu développes la bombe ? Non. Si. Peut-être. On va vérifier. » (années 2000-2010)

Au début des années 2000, les États-Unis accusent l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire. L’Iran répond : « Mais non, c’est pour l’énergie civile ! » (un peu comme un ado qui dit qu’il ne fume que « pour essayer »).

En 2015, après des années de tensions, un accord est enfin signé : le Plan d’action global commun (PAGC), aussi appelé « accord sur le nucléaire iranien ». L’Iran accepte de limiter son programme en échange de la levée des sanctions. Tout le monde est content… jusqu’à ce que Donald Trump arrive en 2018 et dise : « Non, en fait, c’est nul, on se casse. » Les États-Unis se retirent de l’accord et rétablissent les sanctions.

L’Iran, furieux, reprend ses activités nucléaires. Et depuis, c’est la course : les États-Unis imposent des sanctions, l’Iran enrichit de l’uranium, et tout le monde se menace.

5. Aujourd’hui : une relation toxique qui n’en finit pas

En 2020, les tensions montent d’un cran : les États-Unis assassinent le général iranien Qassem Soleimani dans une frappe de drone. L’Iran répond en tirant des missiles sur des bases américaines en Irak. Personne ne veut la guerre, mais personne ne veut non plus faire le premier pas pour la paix.

Aujourd’hui, les deux pays se parlent à peine, sauf pour s’insulter. Les États-Unis accusent l’Iran de soutenir des groupes terroristes (Hezbollah, Houthis), et l’Iran accuse les États-Unis d’être des impérialistes hypocrites.

Et le pétrole dans tout ça ? Toujours là, au cœur des tensions. Parce que, soyons honnêtes, si l’Iran exportait des carottes, personne ne s’en soucierait autant.

Et maintenant, on fait quoi ?

Difficile à dire. Les deux pays ont trop d’histoire (et trop de rancœur) pour devenir copains du jour au lendemain. Mais une chose est sûre : tant qu’il y aura du pétrole, des armes et des ego surdimensionnés, la relation Iran-États-Unis restera aussi stable qu’un épisode des Real Housewives.

Alors, est-ce qu’ils finiront par s’entendre ? Peut-être. Mais en attendant, on peut parier que la saison prochaine sera encore plus explosive.

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