Chine : la peine des hommes
En Chine, les hommes font face à des défis croissants, souvent méconnus. La société chinoise, marquée par des siècles de traditions patriarcales, impose encore aux hommes le rôle de pourvoyeur et de pilier familial. Pourtant, les mutations économiques et sociales des dernières décennies ont bouleversé ces attentes. La compétition féroce sur le marché du travail, l’augmentation du coût de la vie et les attentes familiales pèsent lourdement sur leurs épaules.
Le phénomène des « hommes restés célibataires » (guang gun) illustre cette crise. En 2026, la Chine compte plus de 30 millions d’hommes de plus que de femmes, un déséquilibre démographique qui rend l’accès au mariage difficile pour beaucoup. Cette situation engendre une anxiété généralisée, exacerbée par la pression de perpétuer la lignée familiale. Les réseaux sociaux amplifient cette détresse, où les hommes sont souvent jugés sur leur réussite financière et leur capacité à acheter un logement, condition sine qua non pour se marier.
Par ailleurs, les attentes envers les hommes évoluent. Les femmes chinoises, de plus en plus indépendantes et éduquées, recherchent des partenaires capables de partager les tâches domestiques et les responsabilités parentales. Cette transition vers une égalité plus grande dans le couple crée des tensions, certains hommes se sentant déstabilisés par ces nouveaux rôles.
Enfin, la santé mentale des hommes reste un tabou. Peu encouragés à exprimer leurs émotions, beaucoup souffrent en silence de dépression ou d’isolement. Les politiques publiques commencent à reconnaître ce problème, mais les mentalités changent lentement.
La « peine des hommes » en Chine reflète ainsi une société en pleine transformation, où les modèles traditionnels s’effritent sans que de nouveaux repères ne soient clairement établis. Pour avancer, il faudra briser les stéréotypes et offrir des espaces de dialogue, afin que chacun puisse trouver sa place dans une Chine moderne et inclusive.
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