cette vendeuse de glaces cachait une psychopathe : le cas Estibaliz Carranza
En Espagne, dans les années 1990, une femme au sourire enjôleur et à l’apparence des plus banales écoulait des glaces aux enfants du quartier. Personne n’aurait imaginé que derrière cette façade se cachait l’un des esprits les plus torturés et dangereux de l’histoire criminelle espagnole. Estibaliz Carranza, surnommée « la vendeuse de glaces », a marqué les esprits par la froideur de ses crimes et la dualité de sa personnalité. Son histoire, à la fois glaçante et fascinante, interroge : comment une personne peut-elle mener une double vie aussi extrême ?
Une vie en apparence normale
Estibaliz Carranza était une figure familière dans sa ville natale de Saint-Sébastien. Mère de famille, vendeuse de glaces ambulante, elle incarnait la normalité. Pourtant, derrière cette image se dissimulait une réalité bien plus sombre. Mariée à un homme violent, elle a fini par basculer dans une folie meurtrière, poussée par des années d’humiliation et de souffrance. Mais ce qui choque le plus dans son cas, c’est la méthode avec laquelle elle a orchestré ses crimes : un mélange de préméditation et de cruauté qui a sidéré l’Espagne entière.
Le déclic macabre
Tout commence en 1997, lorsque Estibaliz décide de se venger de son mari, José Ramon Egaña, un homme connu pour ses accès de colère et ses violences conjugales. Plutôt que de fuir ou de demander de l’aide, elle choisit une solution radicale. Avec l’aide de son amant, elle assassine son mari de manière atroce, le découpant en morceaux avant de disperser ses restes dans des sacs poubelles. Mais ce premier meurtre ne sera que le début d’une descente aux enfers.
Ce qui frappe dans cette affaire, c’est la façon dont Estibaliz a manipulé son entourage. Personne ne soupçonnait cette femme discrète, toujours souriante, capable de commettre un acte aussi barbare. Elle a même continué à vendre des glaces aux enfants du voisinage, comme si de rien n’était, tout en planifiant froidement ses prochains crimes.
Une série de meurtres calculés
Après avoir tué son mari, Estibaliz ne s’arrête pas là. Elle élimine ensuite son amant, devenu un témoin gênant, puis sa propre mère, qui commençait à poser trop de questions. Chaque meurtre est exécuté avec une précision chirurgicale, trahissant une intelligence redoutable et une absence totale de remords. Les enquêteurs, déconcertés par l’absence de mobile apparent, mettront des années à reconstituer le puzzle.
Son arrestation en 2008, plus de dix ans après les faits, a révélé l’ampleur de son double jeu. Les médias espagnols l’ont rapidement surnommée « la psychopathe aux glaces », un surnom qui résume à lui seul l’absurdité de son histoire : comment une personne en contact quotidien avec des enfants pouvait-elle cacher une telle noirceur ?
Un procès qui a marqué l’Espagne
Lors de son procès, Estibaliz Carranza a tenté de se présenter comme une victime, invoquant les violences de son mari pour justifier ses actes. Pourtant, les experts psychiatres ont rapidement établi qu’elle souffrait de troubles graves de la personnalité, mêlant narcissisme, manipulation et absence d’empathie. Condamnée à plus de 70 ans de prison, elle est devenue un symbole des dangers de la dissimulation et de la folie ordinaire.
Le mystère persiste
Aujourd’hui encore, le cas d’Estibaliz Carranza fascine et terrifie. Comment une femme en apparence si normale a-t-elle pu commettre de tels actes ? Son histoire rappelle que les monstres ne se cachent pas toujours dans l’ombre : parfois, ils se promènent en plein jour, un cornet de glace à la main.
Ce qui rend son cas si troublant, c’est cette capacité à mener une double vie, à jouer un rôle social impeccable tout en nourrissant des pulsions meurtrières. Estibaliz Carranza incarne cette peur ancestrale : et si le mal se cachait là où on l’attend le moins ?
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