ne pas confondre la bouche et le rectum (Tanguy Pastureau)

Dans un monde où les mots s’échappent aussi vite qu’un rot malencontreux, Tanguy Pastureau nous rappelle une évidence trop souvent oubliée : la bouche et le rectum ne servent pas à la même chose. Pourtant, à en juger par certains échanges sur les réseaux sociaux ou dans les débats télévisés, on pourrait en douter. La bouche, cet outil précieux, est faite pour articuler des idées, partager des émotions, et parfois même séduire. Le rectum, lui, a une fonction bien plus… organique.

Pourtant, combien de fois avons-nous été témoins de discours qui sentaient plus la fosse septique que la rhétorique élégante ? Entre les insultes lancées à la volée, les opinions non digérées recrachées sans filtre, et les promesses politiques qui finissent en gaz toxiques, il est urgent de faire un rappel anatomique. Communiquer, c’est d’abord réfléchir avant d’ouvrir la bouche. C’est choisir ses mots comme on choisit ses ingrédients : avec soin, pour éviter les indigestions collectives.

Pastureau, avec son humour mordant, nous invite à une hygiène verbale salutaire. Parler, c’est un art ; vomir ses pensées brutes, c’est juste une mauvaise habitude. Alors, avant de lâcher une vanne ou un commentaire acide, demandons-nous : est-ce que cela mérite vraiment de sortir par là ? Ou serait-ce plus adapté à un autre orifice, loin des oreilles sensibles ?

En ces temps de surcommunication, où chacun se croit obligé de donner son avis sur tout, rappelons-nous que le silence est parfois une réponse plus élégante qu’un flot de paroles malodorantes. Et si, finalement, le vrai luxe n’était pas de tout dire, mais de savoir ce qu’il vaut mieux garder pour soi ?

Car, comme le souligne si bien l’humour noir de Pastureau, certaines choses ne devraient jamais quitter les toilettes. À méditer, avant de prendre la parole… ou de la perdre.

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