l’histoire coloniale derrière la guerre Israël-Palestine

Le conflit israélo-palestinien, souvent présenté comme une guerre religieuse ou territoriale, plonge ses racines dans l’histoire coloniale du XXe siècle. Après la Première Guerre mondiale, la chute de l’Empire ottoman laisse la Palestine sous mandat britannique. En 1917, la déclaration Balfour promet un « foyer national juif » en Palestine, sans consulter la population arabe majoritaire. Ce texte, influencé par les intérêts stratégiques de la Grande-Bretagne et les mouvements sionistes, marque le début d’une colonisation organisée, soutenue par les puissances européennes.

Dans les années 1920-1940, l’immigration juive en Palestine s’accélère, alimentant les tensions avec les Palestiniens. En 1947, l’ONU propose un plan de partage, accordant 55 % du territoire à l’État juif, malgré une population juive minoritaire. Les Palestiniens, qui possèdent la majorité des terres, rejettent ce plan. La création d’Israël en 1948 s’accompagne de la Nakba (« catastrophe »), durant laquelle 700 000 Palestiniens sont expulsés ou fuient leurs foyers.

Le colonialisme ne s’arrête pas là : après 1967, Israël occupe la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est, installant des colonies considérées comme illégales par le droit international. Aujourd’hui, ces territoires restent sous contrôle israélien, avec des restrictions drastiques pour les Palestiniens. Les accords d’Oslo dans les années 1990 n’ont pas résolu la question des réfugiés ni celle des frontières, perpétuant un système que certains qualifient d’apartheid.

L’Occident, ancien colonisateur, joue un rôle ambigu : les États-Unis soutiennent militairement Israël, tandis que l’Europe, ancienne puissance mandataire, peine à trouver une position équilibrée. La mémoire coloniale, avec ses injustices et ses promesses non tenues, continue de nourrir la violence et le ressentiment.

Comprendre ce conflit, c’est reconnaître que les dynamiques coloniales n’ont pas disparu : elles se sont transformées, laissant derrière elles des frontières contestées, des populations déracinées et une paix toujours hors de portée. Sans une remise en question profonde de cet héritage, toute solution durable restera illusoire.

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